Aujourd’hui, dans de nombreux domaines, nous privilégions souvent l’aspect esthétique d’un objet plutôt que notre confort ou le respect de notre physiologie. Les chaussures n’échappent pas à cette tendance. Pourtant, nos pieds sont des structures extraordinaires, conçues pour bouger, sentir, s’adapter et nous porter tout au long de notre vie.
Lorsque je me suis intéressée au développement moteur de mon enfant, je suis tombée sur le sujet des chaussures barefoot. Au départ, j’étais plutôt sceptique. Puis j’ai commencé à lire, à observer et à me poser des questions. Aujourd’hui, c’est le type de chaussures que je privilégie pour mon enfant.

Mon histoire personnelle 📝
En ce qui me concerne, j’ai commencé à porter des talons très jeune.
À l’époque, je n’avais aucune idée des conséquences que cela pouvait avoir sur mes pieds. Comme beaucoup d’adolescentes et de jeunes femmes, je trouvais cela joli et féminin. Je ne me posais pas vraiment la question du confort ou de la physiologie.
Vers l’âge de 25 ans, un hallux valgus est apparu. Et honnêtement… ça craint.
Je ne peux évidemment pas affirmer que les chaussures que j’ai portées sont l’unique cause de cette déformation. L’hérédité, la morphologie du pied et d’autres facteurs entrent aussi en jeu. Mais lorsque l’on s’intéresse à la biomécanique du pied, on comprend rapidement que la compression répétée des orteils et certaines contraintes mécaniques ne sont probablement pas anodines.
Aujourd’hui, je ne souhaite pas que ma fille se retrouve dans la même situation.
Et ce qui m’a le plus frappée, c’est la différence de marche que j’ai observé chez ma fille entre des chaussures barefoot et des chaussures plus conventionnelles. En barefoot, sa démarche me paraît plus fluide, ses appuis plus naturels et elle semble tout simplement plus à l’aise dans ses mouvements . J’ai fait un test en me rendant dans un magasin lambda. On aurait dit qu’elle marchait avec des sabots : impensable.
À tel point que je suis désormais en train de me renseigner sérieusement pour passer, moi aussi, progressivement aux chaussures barefoot. Sans vous mentir, les chaussures conventionnelles me font mal aux pieds. Celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps en Dr Martens savent que je ne jurais que par cette marque.
Qu’est-ce que le barefoot ?
Le terme « barefoot » signifie littéralement « pieds nus ».
Dans le domaine de la chaussure, il désigne des modèles conçus pour respecter au maximum le fonctionnement naturel du pied.
Une chaussure barefoot possède généralement plusieurs caractéristiques :
- une semelle fine permettant de mieux ressentir le sol
- une grande souplesse
- une toebox anatomique (avant de la chaussure large) laissant de la place aux orteils
- un zéro drop, c’est-à-dire aucune différence de hauteur entre le talon et l’avant-pied
- un poids léger
L’objectif est de permettre au pied de bouger et de fonctionner aussi naturellement que possible.
L’idéal c’est quand même d’être pieds nus quand on peut.
Pourquoi s’y intéresser ?
Les pieds des enfants sont en plein développement. Ils apprennent à équilibrer leur corps, à adapter leur posture, à gérer les irrégularités du terrain et à construire leur schéma corporel.
Le pied est également un organe sensoriel extrêmement riche. Grâce à lui, le cerveau reçoit de nombreuses informations sur le sol et ajuste en permanence notre équilibre et nos mouvements. C’est ce que l’on appelle la proprioception.
Lorsque les chaussures sont rigides, étroites ou très amorties, elles peuvent limiter certaines sensations et certains mouvements naturels du pied.
Le barefoot cherche au contraire à accompagner le développement naturel du pied plutôt qu’à le contraindre.
Que disent les études sur le pied ?
Les questionnements autour des chaussures ne datent pas d’hier.
Dès la fin du XIXe siècle, plusieurs médecins alertaient déjà sur les conséquences de chaussures trop étroites ou mal adaptées. En 1895, le chirurgien orthopédique Royal Whitman (A Study of the Weak Foot, with Reference to its Causes, its Diagnosis, and its Cure; with an Analysis of a Thousand Cases of So-Called Flat-Foot) expliquait qu’une chaussure saine devait laisser suffisamment d’espace aux orteils pour bouger librement et être assez large pour soutenir l’ensemble du pied.
Au début du XXe siècle, le Dr Philip Hoffman (Conclusions Drawn from a Comparative Study of the Feet of Barefooted and Shoe-Wearing Peoples) observait que les personnes ayant grandi pieds nus présentaient des pieds plus proches de leur anatomie naturelle que celles ayant toujours porté des chaussures.
Plus tard, en 1965, une étude menée par Shine (Incidence of Hallux Valgus in a Partially Shoe-wearing Community) mettait en évidence un lien important entre le port de chaussures et les déformations du gros orteil, notamment l’hallux valgus.
Plus récemment, une étude publiée en 2017 (Growing-up (habitually) barefoot influences the development of foot and arch morphology in children and adolescents) sur plus de 800 enfants et adolescents a montré que les habitudes de chaussage influencent le développement du pied. Les enfants ayant grandi majoritairement pieds nus présentaient notamment une voûte plantaire plus développée et des caractéristiques plus proches de la forme naturelle du pied.
Bien sûr, cela ne signifie pas que toutes les chaussures sont mauvaises ou que les chaussures barefoot sont une solution miracle. Mais ces travaux montrent que la forme des chaussures influence bel et bien la forme et le fonctionnement de nos pieds.
Pourquoi le zéro drop et la toebox anatomique ?
Le zéro drop
Dans de nombreuses chaussures classiques, le talon est légèrement surélevé par rapport à l’avant du pied.
Le zéro drop signifie que le talon et l’avant-pied sont placés à la même hauteur. Cela favorise une posture plus naturelle et une répartition plus équilibrée des appuis.

La toebox anatomique
La plupart des chaussures du commerce se terminent en pointe alors que nos pieds sont naturellement plus larges à l’avant.
Une toebox anatomique respecte la forme réelle du pied et permet aux orteils de s’écarter librement.
Cela est particulièrement important pour le gros orteil, qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre, la stabilité et la propulsion lors de la marche.

Comment bien choisir sa paire de chaussures ?
Le blog et le groupe Facebook Presque Pieds Nus
Ce serait mentir que de dire que je me suis débrouillée toute seule. J’ai commencé par lire divers articles notamment sur le blog Presque pieds nus – Chaussons Et Chaussures Souples / Barefoot. Mais comme j’avais peur de ne pas acheter la bonne paire en fonction de la morphologie des pieds de ma fille, j’ai demandé à intégrer leur groupe Facebook : Presque Pieds Nus : Chaussures Souples & Barefoot.

Le groupe Facebook est très actif ! J’y ai déposé une demande de conseils en suivant le « guide ». Et honnêtement j’ai été ravie d’avoir des recommandations car toutes les marques de chaussures barefoot ne sont pas adaptées à tout les types de pieds et ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver.
Vous pouvez y poser vos questions, demander des conseils pour choisir une première paire (ou une deuxième ou plus🤣 ) pour votre enfant et même pour vous ou partager vos expériences/retours avec d’autres personnes déjà engagés dans cette démarche.
Choisir des chaussures barefoot pour mon enfant n’est pas une question de mode. C’est avant tout une démarche de prévention et de respect du développement naturel de son corps.
Je ne prétends pas avoir trouvé la solution parfaite. Mais plus j’en apprends sur le fonctionnement du pied, plus il me semble logique de lui laisser l’espace, la liberté et les sensations dont il a besoin pour grandir.
Et finalement, cette réflexion initiée pour mon enfant est en train de changer ma propre façon de me chausser.
~ Amélie – Mam’enpartage ~


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